Ne doutez jamais qu'un petit groupe d'individus conscients et engagés puissent changer le monde. C'est même la seule chose qui se soit jamais produite. Margaret Mead rolleyes

   

L'Alterglobalisation ?
Alterglobalisation signifie littéralement une "autre globalisation" des échanges, des marchandises, des flux humains ou fiananciers.

Ces échanges loin d'être satisfaisants sur la forme et le fond ne cessent de se voir dénoncer notamment par les mouvements altermondialistes. Ce que défends Alterglobalisation, ce n'est pas la limitation voire même la suppression de ces échanges, mais au contraire leurs transformations à travers des alternatives existantes.
C'est pourquoi le site défend l'économie solidaire, dite aussi socialement responsable, incluant d'autres critères que la pure logique financière des marchés, à savoir un commerce équitable pour les deux parties, des échanges soucieux du développement durable ou encore du respect des droits de l'homme.

La globalisation des échanges est peut être inévitable, voire même souhaitable si l'on considère le commerce comme le meilleur moyen de pacification, mais elle se doit de respecter avant tout la richesse de la diversité humaine...


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Si le but de la vie, c'est de transformer le négatif en positif, l'économie est probablement le meilleur moyen d’y parvenir. En se décomposant sous forme de règles gouvernant les masses, elle traduit la nature humaine dans toute sa diversité. Elle permet de dévoiler le cadre de notre avenir, sans rien éluder des difficultés rencontrées, des défauts inhérents à la nature humaine.

Cette simple constatation conduit à deux axes fondamentaux pour notre avenir.

D’une part, il serait illusoire de penser que la nature humaine prendra un jour conscience de sa propre richesse, pour s’acheminer vers un altruisme semblant la solution au problème de la race humaine ; elle-même. Il ne faut pas se voiler la face : la chute du communisme a montré qu’au-delà de la victoire du capitalisme, l’homme demeure un loup pour l’homme, dans le sens où il privilégiera toujours son intérêt personnel, vis-à-vis de celui de l’ensemble de la communauté.

D’autre part, l’économie nous apprends aussi que le jeu des égoïsmes particuliers définie les tendances globales, et donc l’avenir du commun des mortels que nous sommes.
A la moindre échelle, où nous demeurons la plupart du temps, cela ne pose pas de problème spécifique outre que la survie au quotidien. Le problème se pose lorsqu’on réfléchie à l’avenir que l’on désire construire.
Comment profiter aussi largement d’une économie mondialisé, où le plus important est de se situer dans le bon tiers de la population, le tiers développé, celui qui assure la survie, alors qu’au même moment cette même économie florissante repose sur l'exploitation de la pauvreté de populations, auxquelles on ne peut prêter qu’un oeil fataliste.



Plutôt que de prôner des mesures radicales, voire même révolutionnaires, l’altermondialisme ne se devrait-il pas de partir de la situation actuelle, pour réfléchir aux infléchissements possibles des politiques mondiales ? On semble dénoncer unanimement le libéralisme comme le grand fléau, pourtant se doit-on de rappeler, qu’il n’existe à ce jour pas d’alternative viable ?


Ne serait-il pas possible de réfléchir à un libéralisme, où toutes les parties ressortiraient bénéficiaires de l’échange ? Il existe des pistes de réflexion portant sur l’encadrement des marchés par des normes et des règles, afin de tenir compte des intérêts de tout un chacun, tout en laissant le libre-jeu des marchés. Des solutions nécessitant un véritable engagement, non pas altruiste mais politique, existent. Des pistes alliant le respect de l'environnement au libre-jeu des marchés sont envisageables, car elles sont source d'enrichissement potentielle.

N’en ressortirions-nous pas grandis, si on savait que l’on peut se permettre de gagner des marchés, de générer des ressources dans les domaines, où chacun a le plus d’aptitudes, tout en perennisant l'avenir des générations futures ? Cet idéal conciliant la réalisation professionnelle et personnelle ne serait-il pas la solution à un système ayant perdu son sens ?

Le mouvement altermondialiste exprime simplement l'angoisse, que l'avenir est actuellement compromis par l'activité humaine, si les choses ne changent pas. Or, il semble que le désespoir survienne lorsque l'avenir disparaît...

Engeldivinci


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Des microalgues pour produire des biocarburants - par Engeldivinci le 26/09/2007 @ 12:20

La France se lance dans la course aux carburants à partir d'algues. Un programme de recherche, réunissant sept laboratoires et une PME, vise la production d’huiles extraites des algues microscopiques présentes dans le plancton. Ces microalgues offrent un rendement en biocarburant 30 fois supérieur aux oléagineux, sans menacer l’environnement ni concurrencer les cultures alimentaires.

Alors que l’Europe s’est fixé un objectif contraignant de 10 % de biocarburants dans les transports d’ici 2020, il s’avère que la production de biocarburant à base de tournesol, de soja ou de canne à sucre engendre des coûts de production élevés et un impact environnemental important. Les microalgues offrent à ce titre une alternative : elles possèdent un potentiel de développement bien plus élevé, ne concurrencent pas les cultures alimentaires et n’ont pas besoin de produits phytosanitaires. Pour la première fois en France, une équipe de chercheurs de sept laboratoires et une PME se sont lancés, en décembre 2006, dans un projet de production de biocarburant sous forme d’ester de méthyl, à partir de microalgues. Dénommée Shamash, une divinité babylonienne représentée par un soleil dans une roue (une métaphore du biocarburant), cette initiative est soumise à l’Agence nationale de la recherche (ANR) dans le cadre de son programme national de recherche sur les bioénergies. Le potentiel est considérable : on estime en effet qu’il existe entre 200 000 et plusieurs millions d’espèces d’algues. Les microalgues, que l’on trouve dans le plancton, peuvent accumuler des acides gras représentant jusqu’à 50% de leur poids sec, ce qui permet d'envisager un rendement en biocarburant 30 fois supérieur aux espèces oléagineuses terrestres, les inconvénients en moins..
« Nous pourrions parvenir, en milieu contrôlé à atteindre des 30 tonnes par hectare (ha) et par an, contre 3 à 4 tonnes pour du colza ou du tournesol », explique Jean-Paul Cadoret, chef du laboratoire physiologie et biotechnologie des algues de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) de Nantes. Sur ce site, huit souches à forte productivité en acide gras sont cultivées dans des réacteurs en verre, éclairés en permanence par des tubes néon. « Selon nos calculs, nous pourrions produire 24 000 litres d’huile par hectare et par an, contre 1500 litres pour du colza ou 6000 litres pour du palmier. »
Shamash est doté d’un budget de 2,8 millions d’euros par an. Labellisé par le pôle de compétitivité Mer de la région Provence-Alpes-Côtes d’Azur, il intègre des spécialistes de la culture, de la physiologie et de l’utilisation des microalgues, des experts de l’optimisation des procédés biotechnologiques ainsi que des spécialistes des biocarburants, de l’extraction et de la purification des lipides.

« Des réserves de lipides allant jusqu’à 70% de leur masse »

« La particularité de certaines espèces de microalgues est de produire des réserves de lipides allant jusqu’à 70% de leur masse lorsqu’elles sont soumises à des stress comme la privation d’azote ou une augmentation brutale de la lumière », explique Olivier Bernard, chargé de recherche à l’INRIA. Cultivées dans de longs tubes en verre ou dans des bassins en bordure de mer, les microalgues offrent une récolte en continu, même si la production diminue un peu en hiver. Elles contiennent en outre des coproduits valorisables en pharmacie (vitamines, sucres), en industrie (silice, pigments) et en agriculture (engrais). « La médecine s’intéresse à leurs polysaccharides pour la reconstruction osseuse, et elles peuvent aussi fournir des Oméga 3 et des antioxydants à l’industrie agroalimentaire », souligne Jean-Paul Cadoret.

Les microalgues peuvent absorber le CO2

Autre bénéfice environnemental : en les couplant à une installation industrielle ou une station d’épuration, les microalgues peuvent absorber le CO2 , et se nourrir des rejets (azote, phosphate, nitrates) pour augmenter leur production de lipides. Les microalgues pourraient ainsi servir de « piège à carbone » pour des centrales thermiques au charbon, comme c’est déjà le cas dans une installation aux Etats-Unis. Dans ce pays, les recherches sur les microalgues avaient été lancées il y a une vingtaine d’années, puis stoppées par l’administration Bush au début des années 1990. D’autres pays, tels que le Japon, l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Uni ou la Chine se sont aussi lancés dans la course. Au Canada, le gouvernement vient de créer le Centre I-Can qui vise à absorber jusqu’à 100 millions de tonnes de CO2, provenant de l’industrie, par la culture de microalgues, transformées ensuite en biocombustibles ou en gaz naturel renouvelable. Biofuel Systems SL, une entreprise espagnole, a déclaré récemment qu’elle pourrait être en mesure de produire du biocarburant à base de microalgues fin 2007.
Shamash n’en est pas encore là. « Les prochaines étapes seront la sélection des meilleures souches, la recherche d’un site pour installer des bassins de culture, le lancement d’une étude pilote de culture sur 1000 m2, l’analyse économique de production, et les vérifications en terme de propriété industrielle », annonce Jean-Paul Cadoret.
Il reste à espérer que le projet Shamash permettra à la France de rattraper son retard dans ce domaine, où les spécialistes des microalgues sont nombreux, mais où il n’existe pas pour l’instant de travaux de recherche publiés dans ce domaine. Un des objectifs du programme Shamash est donc aussi de fédérer une masse critique de chercheurs autour des biocarburants à base de microalgues.

La production de biocarburants a un impact direct sur le prix mondial des céréales, selon un rapport du département américain de l'agriculture (USDA). Les besoins croissants en éthanol de maïs aux Etats-Unis vont progressivement bousculer les marchés de la céréale de même qu’en Europe, la demande de biodiesel fera s’envoler les cours mondiaux des oléagineux. Conséquence : l’Allemagne doit par exemple s'attendre à une hausse de 10% du prix du pain, indique le rapport, tandis que l'industrie agroalimentaire devra faire face à une sévère concurrence en matière d'approvisionnement de céréales. La sécurité alimentaire des pays du Sud est particulièrement menacée par cette hausse, le prix du mais pouvant augmenter de 41% d’ici 2020.

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Climat : l’appel des Nations Unies aux investissements privés - par Engeldivinci le 25/09/2007 @ 12:24

La conférence de Vienne sur le climat, qui a réuni un millier d'experts publics et privés, s'est penchée sur les futurs engagements des Etats pour l’après 2012, date d'expiration du protocole de Kyoto. Selon un rapport publié à cette occasion par l’ONU, 150 milliards d'euros d'investissements seront nécessaires, d'ici à 2030, pour maintenir, à leur niveau actuel, les émissions de gaz à effet de serre.
 

"La réponse au changement climatique passera en grande partie par l'économie", a annoncé  le secrétaire exécutif de l'UNFCCC, Yvo De Boer, en soulignant le rôle que devront jouer les "investissements privés". Le simple maintien au niveau actuel des émissions de gaz à effet de serre, d’ici 2030, nécessitera en effet 150 milliards d'euros. Ce montant considérable représente entre 0,3 et 0,5% du Produit Intérieur Brut (PIB) mondial et entre 1,1 et 1,7% des investissements mondiaux. Le rapport préconise d'accélérer les investissements dans la recherche technologique, les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique de la construction, les transports et l'industrie.
Cependant, cet investissement semble presque dérisoire comparé à la potentielle crise financière engendrée par les changements climatiques, qui pourrait coûter jusqu’à  6,8 trillions de dollars selon le rapport de Nicholas Stern, publié en 2006. L’ancien économiste de la Banque mondiale prévoit en effet que les changements climatiques pourraient provoquer une récession mondiale sans précédent si les émissions de gaz à effet de serre continuaient de croître à leur rythme actuel. De son côté, le GIEC a confirmé cette année que si les combustibles fossiles maintenaient leur position dominante jusqu'en 2030 et au delà, leurs émissions de CO2 pourraient croître jusqu'à 110%…Par ailleurs, si des financements nouveaux seront nécessaires, "une part importante des investissements supplémentaires pourrait être assurée avec les moyens actuels" s'ils sont correctement "redirigés", estime le rapport. En mai 2007, la réunion du GIEC avait également démontré que «  des leviers significatifs de réduction des émissions GES au cours des prochaines décennies existent " et qu’ils "pourraient être suffisants  pour décaler la croissance des émissions globales ou pour les réduire en dessous des niveaux actuels ".

 

L’appel des Nations Unies aux investisseurs sera-t-il entendu ? Pour l’heure, les montants investis dans le Mécanisme de Développement Propre (outil du protocole de Kyoto permettant aux pays industrialisés d’investir dans des projets de technologies propres situés dans les pays du Sud) sont loin d’atteindre les sommes souhaitées par l’ONU. En 2006, le marché total des transactions des projets de MDP ont en effet représenté 5, 257 milliards de dollars. Les projets de Mises en Oeuvre Conjointe (MOC) –qui concernent les projets propres mis en œuvre dans d’autres pays industrialisés- ont représenté quand à eux 220 millions de dollars…Enfin, le marché carbone pourrait constituer, s’il était mondialisé, un outil économique déterminant de réduction des émissions mondiales. Mais à l’heure actuelle,  il est essentiellement constitué par les pays européens ayant signé le Protocole de Kyoto et s'élève à 19 milliards d'euros, pour 1,1 milliard de tonnes de CO2. En outre, si d'ici 2030, le prix de la tonne de CO2 reste inférieur à 20 dollars, (scénario réaliste compte tenu du faible cours actuel de la tonne de CO2), les réductions d'émissions seraient comprises entre 15 et 30 %, soit un niveau insuffisant pour stabiliser le réchauffement climatique. En revanche, si ce prix augmentait jusqu'à 100 dollars, la réduction atteindrait alors entre 30 et 50 %.Le représentant de la délégation américaine à Vienne a d’ailleurs fait savoir à ce sujet qu’il « croyait peu à la mise en œuvre d’un marché carbone mondial », tout en assurant que les Etats-Unis souhaitent « accélérer le processus de négociation » et « veulent coopérer avec les principales économies" pour « parvenir à un accord entre elles "d'ici à 2009 ».

 

Maintenir l'augmentation globale des températures en dessous de 2° C 


Alors que les trois réunions du GIEC qui se sont succédées depuis le début de l’année n’ont cessé de rappeler l’urgence des mesures à prendre, les engagements des Etats se font attendre sur l’après-Kyoto. Les Etats-Unis, bien sûr, mais également l’Australie ont été pressés, sans succès jusqu’ici- par l’Union européenne d’agir. Mais l’UE elle-même est dans une position délicate, dans la mesure où les objectifs qu’elle s’est fixée semblent d’ores et déjà hors d’atteinte. Enfin, l’attitude des nouveaux pays industrialisés et des pays émergents sera également décisive. « Il est impératif que d'autres nations entrent dans le processus, comme l'Australie ou les États-Unis, mais aussi les nouveaux pays industrialisés tels que le Mexique, la Corée du Sud et l'Arabie saoudite », explique Karine Gavand de Greenpeace. « Quant aux pays en développement en phase d'industrialisation rapide, comme la Chine, le Brésil, la Malaisie ou l'Afrique du sud, il va falloir développer des outils incitatifs pour les impliquer dans le protocole de Kyoto. » Comme le rappelle l’ONG, le maintien de l'augmentation globale des températures en dessous de 2° C  implique que les émissions de gaz à effet de serre soient réduites d'au moins 50 % d'ici à 2050, par rapport aux niveaux de 1990,  et ce à l'échelle mondiale.

Prochaines étapes des négociations après la conférence de Vienne : l’assemblée générale des Nations unies, le 24 septembre à New York, puis une réunion le 28 à Washington, à l’initiative du président Bush qui a convié les seize principaux pays pollueurs  à y assister, et enfin  la conférence des Nations Unies sur le climat, qui se tiendra à Bali, en Indonésie, du 3 au 14 décembre 2007.

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Médicament générique et mondialisation au coeur d'un procès - par Engeldivinci le 05/07/2007 @ 12:21

Le laboratoire pharmaceutique américain a porté plainte contre Act Up-Paris pour avoir paralysé son site internet en avril dernier. Une action de netstrike avait en effet rassemblé des milliers de personnes à travers le monde, qui se sont connectées sur le site d’Abbott pour le saturer. L’objectif était de dénoncer la politique du groupe sur l’accès aux traitements du sida en Thaïlande.

L’affaire remonte en 2005, époque à laquelle la Thaïlande a cherché à faire appliquer le principe d’accès universel au traitement du sida voté par les Nations Unies 2010. Le pays, qui compte 1 million de malades, a besoin du Kaletra, médicaments anti-sida vendu par Abbott et qui présente un avantage considérable, celui de résister à la chaleur des tropiques. Son côut est en revanche un problème pour le pays, Abbott commercialisant son traitement 2 200 dollars par an et par patient. La Thaïlande, qui ne peut financer l’accès à ce produit au prix exigé, décide en janvier dernier d’appliquer les dispositions de l’OMC sur le recours aux médicaments génériques. La procédure des  « licences obligatoires » permettent en effet aux gouvernements de fabriquer ou d’importer des génériques des médicaments, de même qualité, mais moins chers. Le pays annonce donc qu’il lève le monopole d’Abbott sur ce médicament et appelle les fabricants de génériques à lui proposer des versions moins chères de ce produit. Cette décision, soutenue notamment par la France, n’est cependant pas du goût du laboratoire, qui prend une mesure de rétorsion inédite : ne plus enregistrer ses nouveaux médicaments en Thaïlande, dont le Kaletra. Des représailles qui « reviennent donc à priver, en toute connaissance de cause, les malades thaïlandais d’un médicament indispensable, observe Act UP. Au-delà de la Thaïlande, ce sont tous les pays en développement qui se sentent menacés par cette odieuse mesure de rétorsion. »


Aucun recours devant l'OMC


Pour dénoncer cette pratique, les associations de défense des malades appellent au boycott et à l’attaque du site internet du groupe. La contestation reste en effet le seul moyen d’action, puisque la décision d’Abbott est certes contraire aux accords internationaux sur la propriété intellectuelle, mais parallèlement, aucun recours devant l’OMC n’est prévu concernant la décision d’un groupe privé. La décision d’Abbott n’est donc pas juridiquement contestable…Ce qui amène plusieurs associations en Thaïlande, en Europe et aux Etats-Unis à exécuter un « netstrike » contre le site corporate du groupe. « Le 26 avril dernier, la veille de l’Assemblée générale des actionnaires du groupe, les associations de malades thaïlandaises appelaient à une journée internationale d’actions, relayée par de nombreuses ONG. Act Up-Paris a proposé aux militantes du monde entier de participer à un netstrike, explique Act Up- Paris. Des centaines, peut-être plus d’un millier de personnes, en France, en Thaïlande, aux Etats-Unis, etc. se sont connectées à répétition sur le site d’Abbott pour le ralentir ou de le saturer ». Les connexions répétées finissent par paralyser le site, action qui, 3 semaines plus tard, fait l’objet d’une plainte du groupe contre Act Up-Paris, instigateur de l’opération. « Le laboratoire entend nous faire condamner au nom des articles 323-2 (entrave au fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données), et 323-3-1 (détention ou mise à disposition des outils qui permettent le blocage d’un système) du Code pénal, précise l’association. Nous risquons 70 000 euros d’amende, des dommages et intérêts, 3000 euros de frais de justice et la publication de la condamnation dans deux journaux, à nos frais. La plainte d’Abbott est clairement une manœuvre pour réduire Act Up-Paris au silence ».


Reste pour Act Up à prouver qu’elle avait un « motif légitime » pour lancer cette opération, condition à laquelle les juges pourront l’innocenter. « En portant plainte contre nous, Abbott devra prouver que les vies de milliers de malades en Thaïlande ne sont pas un « motif légitime » qui justifierait une dénonciation publique du laboratoire. Le procès intenté contre nous, malades du sida, obligera Abbott à révéler publiquement son obscénité », n’hésite pas à riposter l’association. Par ailleurs, seule l’organisation parisienne fait l’objet d’une telle plainte, alors que l’action a été également menée par d’autres pays.

Au-delà du procès, c’est une nouvelle fois l’accès aux génériques des pays en développement qui est posée. Un procès intenté par le groupe Novartis contre l'état indien se déroule actuellement à Madras, l'objectif du laboratoire pharmaceutique étant de récupérer des brevets sur des médicaments génériques, qui ont permis de soigner à bas coût des dizaines de milliers de malades dans les pays en développement. En attaquant la législation indienne, Novartis remet en cause, comme Abbott, le contenu des accords de l'OMC sur les des droits de propriété intellectuelle (Adpic), adoptés en 2001. Et reste sourd à la mobilisation des ONG, Médecins Sans Frontière en tête.

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Stratégies d’adaptation au changement climatique - par Engeldivinci le 05/07/2007 @ 12:11

Si les scénario du réchauffement climatique (combien de degrés ? quelles conséquences ?) ne sont pas tous écrits, certaines régions du monde doivent d’ores et déjà affronter une transformation profonde de leur environnement. Ces zones, parmi les plus vulnérables sur un plan géographique, s’organisent pour imaginer d’autres modes d’habitation.

Les Pays-Bas qui ont la plus forte densité de population au monde et des terres qu’ils doivent défendre depuis toujours face à la mer et aux rivières susceptibles de déborder veulent « anticiper ». Leur gouvernement finance un programme « Vivre avec l’eau ». Doté de 45 millions d’euros, il a pour but de réunir toutes les compétences disponibles qui ne travaillent pas encore ensemble pour « développer de nouvelles méthodes pour faire face à l'aménagement des eaux et résoudre de manière innovante les problèmes de l'eau pendant la période 2015-2020 ».
En France, la Camargue est dans la même situation puisque certains scénarios sur le réchauffement climatique prévoient sa disparition à terme. Pour sensibiliser les acteurs locaux à ce risque, des jeux de rôle ont été organisés avec les autorités locales dans le cadre d’un programme européen réunissant 6 pays pour faire une étude d’impact et de stratégie.
Pour les habitants des îles Tuvalu, la submersion est déjà une réalité puisque lors des grandes marées, ils doivent déjà vivre, pendant plusieurs jours, avec de l’eau jusqu’à la ceinture. Devenues aujourd’hui le symbole du réchauffement climatique en marche, les îles Tuvalu font l’objet d’un programme test. L’association Alofa Tuvalu y construit un centre de formation et de démonstration aux énergies renouvelables exemplaire, préfigurant un modèle de développement durable autonome.

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Prix des internautes, nouveau président, les finances solidaires bougent - par Engeldivinci le 05/07/2007 @ 12:05

Finansol, l’association de promotion des finances solidaires, a un nouveau président depuis le 1er juin, le journaliste François De Witt. Elle lance dans le même temps : le premier prix des internautes. L’objectif est de faire connaître certaines initiatives pour inciter les internautes à recourir à ce circuit économique encore mal connu. Ils peuvent aussi y gagner un « panier éthique » !

Inciter les internautes à voter pour désigner le projet d’entreprise, éthique sociale ou solidaire qui lui semble le plus intéressant, c’est l’idée du prix organisé par Finansol pendant tout le mois de juin. Il faut aller sur son site pour désigner, parmi une quinzaine de projets, le meilleur dans trois catégories, consommation, services professionnels et bien-être. Chaque entreprise fait l’objet d’une présentation qui permet de comprendre à quoi servent ces réseaux de financement alternatif. Ils ont permis à ces entrepreneurs, porteurs d’un projet équitable, solidaire ou d’insertion, de créer leurs entreprises qui se portent aujourd’hui plutôt bien alors que les circuits bancaires traditionnels ne leur offraient pas cette possibilité. Baskets équitables, vêtements et jouets pour enfants, vélos électriques, librairie restaurant…les propositions sont variées. Les internautes qui participeront pourront recevoir un « pack éthique » comprenant des échantillons des activités très diverses que pratiquent les candidats. Après les semaines de l’épargne salariale organisées dans diverses régions, Finansol utilise le réseau Internet pour faire la promotion de l’économie solidaire.


Président, spécialiste de l’épargne et de la communication


François de Witt est devenu, le 1er juin, le président de Finansol, journaliste spécialiste de l’épargne, il souhaite contribuer « à créer et renforcer les liens entre l’économie solidaire et les circuits financiers plus traditionnels ». Exerçant son métier au sein de France Info depuis 1990, auteur de livres destinés à familiariser les Français avec la gestion de patrimoine « Appauvrissez vous » (2004), et «Argentissime, le guide complet de vos placements» (2006 et 2007), le nouveau président de Finansol estime que l’économie solidaire finance des projets mettant en avant la dimension « fraternité » de notre devise républicaine. « Il faut multiplier les moyens permettant aux citoyens d’aider d’autres citoyens. Il est possible, par exemple, de multiplier le nombre d’entrepreneurs sociaux en misant sur le capital-risque philanthropique. A l’heure actuelle certains ont accumulé des richesses considérables dont je suis convaincu qu’ils souhaitent consacrer une partie à des actions utiles. La possibilité qui devrait être offerte, en 2008, d’investir à hauteur de 50 000 euros d’ISF en capital de PME, ou en dons aux associations et aux fondations est une opportunité extraordinaire.» Membre de la commission « épargnants » de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), François de Witt est aussi administrateur de PhiTrust Active Investors, société de gestion à l’origine de PhiTrust Partenaires, société de capital-risque philanthropique labellisée par Finansol, en 2006.
Ces multiples activités devraient l’aider à rendre plus visible l’activité de Finansol et donc à stimuler les placements dans un secteur encore méconnu. L’épargne solidaire progresse puisqu’elle a dépassé 1 milliard d’euros d’encours en 2006 pour atteindre 1271 milliards contre 800 millions en 2005. Malgré tout cela ne représente qu'à peine 1 % de l’épargne des ménages. François de Witt voudrait contribuerà conquérir de nouveaux adeptes en « apportant au public le plus large possible des éléments de clarification et de compréhension des mécanismes de l’économie sociale et solidaire. »

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RainForest Alliance : des ventes record de produits durables - par Engeldivinci le 05/07/2007 @ 12:01

A l'occasion de son 20ème anniversaire, l'ONG américaine spécialisée dans la certification agricole et forestière durable, a présenté à Paris un bilan record sur les ventes de produits comme le bois, le café, la banane ou le chocolat, dépassant les 3 milliards de dollars pour 2007. RainForest vient en outre d'être sélectionnée par Unilever, 1er distributeur mondial de thé, pour la certification de ses plantations.

Petite ONG fondée à New York en 1987 pour préserver les forêts et la biodiversité, RainForest Alliance étend, 20 plus tard, son influence sur les marchés mondiaux. Elle travaille aujourd'hui avec 10 000 producteurs de bois, de café, de bananes et de chocolat dans 14 pays. Tous sont certifiés selon des critères développement durable pour préserver l'environnement (moindre érosion des sols, gestion de l'eau, préservation des ressources naturelles) mais également améliorer les conditions sociales des producteurs (rémunération plus élevée, accès aux soins et à l'éducation). RainForest Alliance est également le 1er certificateur du label FSC pour les forêts, à travers un réseau d'auditeurs et d'ONG locales. Son positionnement - être tournée vers les marchés mondiaux tout en étant écologiquement et socialement responsable- lui vaut aujourd'hui d'être partenaire d'entreprises comme Kraft Foods pour le café, Unilever pour le thé ou encore Castorama pour le bois. Bilan : les produits qu'elle certifie représentent pour 2007 plus de 3 milliards de dollars, sur des marchés à forte concurrence. L'ONG prévoit que les grains de café qu'elle certifie représenteront 10% du marché mondial d'ici 2015, les bananes 20% d'ici 5 ans. Concernant le bois, ses prévisions sont également élevées : 100 millions d'hectares devraient être certifiés par ses soins d'ici 2012, pour un marché qui représente 5 milliards de dollars avec 50 millions d'hectares.
Ces chiffres impressionnent au regard du " petit budget " de l'ONG, 15 millions de dollars annuels, et de ses 30 000 membres. Explication : " 92% ce de ce budget est directement affecté aux programmes sur le terrain ", précise Annemieke Wijn, membre du directoire.


Un coût plus élevé


En 2007, l'ONG a été rejointe par Mac Donald's Royaune-Uni, qui s'approvisionne exclusivement désormais en café certifié RainForest Alliance, la chaîne d'hôtels Holiday Inn, Mars, le musée espagnol du Prado pour le bois ou encore Scholastic Books, éditeur du best seller mondial Harry Potter, vendu à 12 millions d'exemplaires...
En France, l'enseigne Castorama a également conclu un partenariat pour le bois et notamment le teck. " La démarche n'a pas été facile ", explique Bruno de Laschenais, directeur développement durable du groupe. " Il a fallu réunir tous les fournisseurs pour leur expliquer cette nouvelle politique d'achat, maîtriser toute la chaîne d'approvisionnement pour vérifier que du bois illégal n'était pas rajouté à notre insu... ". Castorama a trouvé, avec RainForest Alliance et le Tropical Forest Trust un moyen de s'assurer localement que ses importations étaient bien certifiées FSC, tout en admettant que les coûts étaient cependant bien plus élevés -225 euros par m3 contre 450 pour du bois certifié FSC en provenance d'Indonésie-. " Il faut l'assumer, sans faire payer le consommateur ", explique Bruno de Laschenais. " Des économies ont été réalisées sur les transports, sur l'utilisation de tous les volumes, etc ". " C'est aussi une aventure humaine, " ajoute-t-il. " En étant au service des producteurs, la certification a convaincu le gouvernement indonésien de transférer la gestion des forêts aux communautés locales ". 25 000 m3 ont été importés de Java par Castorama en 2006, mais l'enseigne reste prudente vis à vis des consommateurs. " La sensibilisation des clients n'est pas toujours facile, ils sont sceptiques et veulent des preuves " observe Bruno de Laschenais. " Ils demandent également que 100% de nos produits soient certifiés, mais ne veulent pas payer plus cher...Il est faux de croire que les produits écologiques peuvent avoir un prix plus élevé ".


Dernier arrivé dans la certification RainForest Alliance, mais non des moindres, le groupe Unilever vient de s'engager à ce que tous les sachets de thé de sa marque Lipton vendus dans le monde soient certifiés d'ici 2015. Avec 12% de la production mondiale de thé, le groupe pourrait à terme transformer les habitudes du marché international. Ses plantations de Kericho, au Kenya, seront les premières à être auditées par l'ONG. Le groupe y emploie 25 000 personnes, qui ont déjà accès à un hôpital et à une école, sur une exploitation qui fonctionne à 97% avec des énergies renouvelables. " Nous avions besoin de cette certification pour donner une crédibilité à cette démarche auprès des consommateurs ", explique Michiel Leijnse, responsable du programme agriculture durable chez Unilever. " Après 6 mois d'enquête sur les programmes existants, celui de RainForest était le mieux adapté à notre production. Et c'est une ONG capable de travailler avec les multinationales ", ajoute-t-il.

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La France va-t-elle décider d'un moratoire sur un OGM ? - par Engeldivinci le 06/06/2007 @ 16:17

Suivant l'exemple de six autres pays européens, l'Allemagne vient d'interdire la commercialisation de semences de maïs MON810 de Monsanto, seule variété de maïs transgénique dont la culture est autorisée en Europe. Dans une interview au Parisien, Alain Juppé a déclaré à son tour vouloir décréter un moratoire sur cet OGM, position toutefois réfutée par la ministre de l'agriculture Christine Lagarde.


Plusieurs études, faisant état d'un risque pour la santé et l'environnement, sont à l'origine du moratoire décrété par l'Allemagne, le 21 mai. La plus récente, qui a été réalisée par Greenpeace Allemagne, affirme que les quantités de toxines produites par le maïs transgénique Monsanto MON810 " varient de manière considérable et inattendue entre les épis et au cours du temps ". Les 600 échantillons prélevés en Allemagne et en Espagne ont en effet révélé que la concentration de toxine Bt dans les plantes présente une très grande variation allant de 1 à 100 d'une plante à l'autre, et ce y compris dans le même champ. En outre, la toxine Bt est de nature différente de celle qui a été présentée par Monsanto pour demander l'autorisation de ce maïs auprès de la Commission européenne, affirme l'ONG. Au regard de ces résultats, le gouvernement allemand a estimé que les risques potentiels pour la santé et l'environnement justifiaient l'interdiction du maïs MON810 de Monsanto. Une " clause de sauvegarde ", prévue par la directive européenne, permet en effet aux Etats membres de décider d'un moratoire s'ils estiment que les preuves d'innocuité n'ont pas été établies. L'Allemagne justifie également sa décision par l'absence de plan de biovigilance, que Monsanto aurait dû mettre en œuvre selon les termes de la directive européenne. Il a en effet été montré que " les effets cumulatifs à long terme de la culture sur plusieurs années du maïs OGM Bt n'ont pas été convenablement évalués dans le contexte européen, bien qu'ils soient fortement importants en terme de l'évaluation des risques " (Zwahlen et al. 2003 ; Stotzky, 2004, Baumarte & Tebbe, 2005).

" L'Allemagne réalise ce que les associations de protection de l'environnement et les défenseurs de l'agriculture biologique ne cessent de réclamer pour la France ", a souligné Greenpeace France. L'ONG rappelle le sondage qu'elle a publié lors de la campagne électorale, selon lequel 86 % des Français réclament une interdiction temporaire ou définitive des OGM et 62 % des agriculteurs attendent un moratoire de la part du nouveau président.... Or, Alain Juppé a créé la surprise ce matin, en déclarant dans une intreview au Parisien : "on vient de découvrir que la sécrétion de la toxine qui est censée tuer l'insecte qui attaque le maïs se passe dans des conditions qui ne sont pas
exactement celles qu'on attendait. Donc l'Allemagne vient de suspendre l'autorisation du MON810. Dans ce cas précis il faut s'inspirer du cas allemand.
"
Greenpeace, qui se félicite de cette déclaration, attend toutefois  " qu'elle soit très rapidement suivie d'effet, c'est-à-dire que le ministre active la clause de sauvegarde comme l'a fait le gouvernement allemand il y a quelques jours ".

 

De fait, une polémique est intervenue quelques heures après les déclarations d'Alain Juppé. La ministre de l'agriculture Christine Lagarde a en effet jugé préférable d'attendre avant de prendre un etelle décision. La question devrait être débattue lors du conseil des ministres le 30 mai prochain.
Le MON810 est aujourd'hui la seule variété d'OGM cultivée en France de façon commerciale, mais les semenciers estiment qu'environ 30 000 hectares de cette variété seront cultivés en 2007." La poignée d'agriculteurs pro-OGM français ont déjà commencé à semer leur maïs transgénique. Il va falloir trouver d'urgence une solution pour empêcher qu'il contamine l'environnement et la chaîne alimentaire ", n'a pas manqué de souligner Arnaud Apoteker, chargé des OGM chez Greenpeace.


Mardi 22 mai, plusieurs associations -Attac, Agir pour l'environnement, le Collectif des faucheurs volontaires et la Confédération paysanne- avaient demandé au président Nicolas Sarkozy la mise en place d'un moratoire sur les OGM. La législation française laisse selon eux "les paysans seuls face à d'autres paysans et les consommateurs face aux opérateurs". "La contamination aura des conséquences économiques catastrophiques pour notre agriculture", affirment les signataires de la lettre adressée au président. Lors de la campagne des présidentielles, Nicolas Sarkozy avait indiqué aux ONG qu'il se prononcerait " sur un moratoire concernant les cultures existantes en fonction des prochaines conclusions de l'Agence européenne de sécurité alimentaire ". Manifestement, le ministre de l'écologie a préféré prendre une décision plus rapidement.

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Le gouvernement lance le Grenelle de l’environnement - par Engeldivinci le 25/05/2007 @ 13:09

Afin de préparer le "Grenelle de l'environnement" prévu pour octobre, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont rencontré 8 ONG écologistes ainsi que Nicolas Hulot pour déterminer les actions prioritaires du gouvernement en matière de développement durable. L’Alliance pour la Planète évoque un « bilan en demi-teinte » pour cette première rencontre.

 

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont reçu, lundi 21 mai, les représentants de la Fondation Nicolas Hulot, le WWF, Greenpeace, les Amis de la Terre, la Ligue de protection des animaux, la Ligue ROC, le Réseau action climat, France nature environnement et Ecologie sans frontière. Réunies au sein de l’Alliance pour la Planète, les ONG avaient largement critiqué le programme du candidat Sarkozy, qui avait obtenu le faible score de 8/20. Celui-ci avait toutefois promis, peu avant le 1er tour, "un Grenelle de l’environnement » avec les ONG, qui devrait se tenir au plus tard en octobre. Pour cette 1ère réunion, Alain Juppé, le ministre de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables - numéro 2 du gouvernement - a voulu déterminer avec les associations « les grands sujets prioritaires » qui seront traités à l’automne. Lors de la conférence de presse qui a suivi, il s’est dit « satisfait de cette réunion qui a permis d’établir une feuille de route précise ». Rendez-vous a été pris pour la deuxième quinzaine d’octobre. « Il ne s’agira pas d’une conférence nationale de plus sur l’état de la planète mais bien de négociations avec tous les partenaires concernés », a précisé le ministre du « Medad », terme qu’il a inventé pour son ministère. ONG, société civile, syndicats, collectivités locales et organisations patronales participeront durant l’été à l’élaboration de cette nouvelle stratégie du développement durable, regroupant ainsi tous les acteurs des 3 piliers –l’économique, le social et l’environnement. Cinq groupes de travail ont été constitués : un groupe « climat » (qui réunit transport, habitat et énergie), « santé et pollution », « animation rurale », « ressources naturelles » et « gouvernance écologique » (incluant notamment les outils économiques et la comptabilité nationale). Un 1er rendez-vous intermédiaire a été fixé avec Nicolas Sarkozy à la mi-juillet.

 

S’agissant du nucléaire, « les décisions sont prises, mais le gouvernement soutiendra la montée en puissance des énergies renouvelables », a tenu à ajouter Alain Juppé qui a précisé que les actions prioritaires concerneront les  transports, l’habitat, et l’instauration de la taxe carbone, mesure phare du pacte écologique de Nicolas Hulot. Elle devrait être présentée à l’automne, dans le cadre de la loi de finances pour 2008. L'ancien Premier ministre a également affirmé son souhait de « faire entrer les ONG dans la négociation par le biais du Conseil Economique et Social » sans en préciser les modalités. Il entend « leur donner des moyens d’expertise » pour nourrir leur débat. « Je sais qu’il y aura des négociations difficiles, mais je souhaite que tous les acteurs se mettent autour de la table », a-t-il souligné, avant de défendre le principe d’une croissance écologique, « à l’inverse de la croissance jetable ».

 

Le « Medad » est le 1er ministère de l’écologie doté de compétences étendues. Transversal, il aura également pour mission d’évaluer les politiques publiques au regard du développement durable. Quatre pôles opérationnels ont été définis : transports et déplacements ; habitat, aménagement urbain et aménagement du territoire ; politiques énergétiques ; ainsi qu’un pôle écologique chargé des ressources naturelles et de la biodiversité. La lutte contre les changements climatiques est annoncée comme une priorité du gouvernement, qui s’est engagé à atteindre l’objectif du facteur 4 (diviser par 4 les émissions de GES à l’horizon 2050).

 

"Divergences"

 

Cependant, d’autres sujets, comme les OGM et le nucléaire, s’annoncent d’ores et déjà moins consensuels. Plusieurs moratoires ont été demandés par l'Alliance pour la Planète  tout au long de la campagne sur la culture des OGM en plein champ, les incinérateurs,  les autoroutes et sur le réacteur nucléaire EPR  Or, lors de la campagne, Nicolas Sarkozy s'est déclaré favorable à la recherche sur les OGM, position qui va à l’encontre des ONG. Concernant le nucléaire, Alain Juppé comme Nicolas Sarkozy sont favorables à la construction de l’EPR et estiment qu’il n'y aura pas de mix énergétique possible sans nucléaire. Le Réseau "Sortir du nucléaire" a d’ores et déjà protesté « contre la tentative du nouveau pouvoir en place d'empêcher tout débat sur la question du nucléaire » et dénonce son exclusion des concertations de préparation du "Grenelle de l'environnement"…Nicolas Sarkozy s’est  pour l’instant engagé à suspendre toute décision "lourde" sur les sujets sensibles -nucléaire,  OGM et autoroutes - d'ici le « Grenelle de l'environnement ».

Enfin, s’agissant de la fiscalité écologique, le nouveau ministre aura fort à faire pour rattraper le retard français. En effet, selon une étude, publiée le 14 mai par l'Ademe, les recettes générées par les « taxes vertes » n’ont cessé de chuter en France ces dernières années, conduisant le pays en dernière position du classement européen. Nicolas Sarkozy s’est engagé à la faire passer de 2,3% actuellement, à 5% du PIB en 2010. 
A l’issue de cette rencontre, les associations membres de l’Alliance pour la planète dressent un bilan en demi-teinte. « Du coté positif, le chef de l’Etat et les associations sont tombés d’accord sur certains points de méthode : une véritable négociation, un engagement de l’Etat, aucun sujet tabou et une négociation sur le cœur des politiques qui ont un impact majeur sur l’environnement, à savoir énergie, agriculture, transports… ». En revanche, les ONG restent sceptiques sur « les points de divergence ». « En refusant de geler certains projets majeurs, décidés à la hâte ces derniers mois par le gouvernement Villepin comme par exemple la publication des décrets autorisant la construction de l’EPR une dizaine de jours avant le premier tour des élections, le Président Nicolas Sarkozy risque de discréditer les négociations qu’il souhaite engager (…) Les associations, membres de l’Alliance pour la planète,   continueront d’insister pour que le Grenelle de l’environnement garantisse un véritable espace de négociation et que l’ensemble des politiques ne soit pas décidé d’avance », ont-elles déclaré. Nicolas Hulot semble de son côté plus satisfait. « Il me semble qu'on dépassionne le débat et l'enjeu", a –t-il affirmé, ajoutant qu’ « un numéro deux du gouvernement, ancien Premier ministre,  se charge du développement durable »  annonçait "peut-être d'une conversion culturelle".

 

Pourquoi un "Grenelle" ? 
 Le terme n’a bien sûr pas été choisi au hasard. Négociés lors de la crise de 68 par le gouvernement, les syndicats et les organisations patronales, les accords de Grenelle ont acté la semaine de 40h, une augmentation du salaire minimum ainsi que de nouveaux droits syndicaux. Ces accords, signés le 27 mai 1968,  n’ont pas suffi à enrayer les mouvements sociaux et la crise politique. Le 30 mai 1968, le général de Gaulle a dissout l’Assemblée nationale.

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Réchauffement climatique : les efforts à court terme seront déterminants - par Engeldivinci le 11/05/2007 @ 10:44

La réduction des émission de GES est économiquement et technologiquement réalisable, mais à condition que les Etats agissent à court terme, affirme le GIEC. Les 20 à 30 prochaines années seront cruciales pour enrayer le réchauffement planétaire et éviter une augmentation des émissions de GES qui pourrait aller jusqu'à 90% d'ici 2030.


Alors que la précédente réunion du GIEC, qui portait sur les conséquences humaines, économiques et écologiques du réchauffement  climatique, avait fait l'objet de fortes pressions politiques, celle qui s'est achevé le 4 Mai 2007 est parvenue à un large consensus. Tout d'abord, les Etats ont reconnu que les politiques actuelles étaient insuffisantes pour stabiliser les émissions de GES.  Le Giec explique en effet qu'après un "pic" en 2015, les émissions doivent redescendre à 50% des niveaux actuels observés. " Les efforts d'atténuation  dans les 20 à 30 prochaines années auront un large impact sur les possibilités d'atteindre des niveaux plus bas de stabilisation", indique Ogundale Davidson, vice-président du groupe de travail du GIEC, réuni à Bangkok.
Sans effort soutenu de réduction des GES, les scénarios du GIEC prévoient en effet une augmentation des émissions comprise entre 25 et 90% d'ici 2030 (par rapport à 2000). Dans le cas où les combustibles fossiles maintiendraient leur position dominante jusqu'en 2030 et au delà, leurs émissions de CO2 pourraient croître jusqu'à 110%. Ce constat posé, le " résumé à l'intention des décideurs " du GIEC estime qu'il existe un " potentiel économique d'atténuation des émissions globales de gaz à effet de serre, significatif au cours des prochaines décennies " et qui " pourrait être suffisant pour décaler la croissance des émissions globales ou pour les réduire en dessous des niveaux actuels ". En 2030, l'estimation des coûts macro-économiques de l'atténuation des GES est comprise entre 0,2% et 3% du PIB. Une légère augmentation du PIB global est même envisagée, à condition notamment que le marché carbone soit efficace, ce qui n'est pas encore le cas. Par ailleurs, les pays memebres du GIEC ont été d'accord avec l'idée que  " les avantages à court terme pour la santé, suite à la réduction des émissions de GES, peuvent être substantiels dans toutes les régions du monde étudiées, et compenser une part substantielle des coûts de l'atténuation ".  Les Etats sont également parvenus à un accord sur l'importance " du  style de vie et de modes de consommation qui mettent en avant la préservation des ressources ", incluant ici les transports, le bâtiment, les déchets, etc.

 

Des potentiels de réduction considérables

 

Cependant, la réalité montre l'ampleur des obstacles. S'agissant du transport aérien, les émissions devraient croître immanquablement de 3 à 4% par an. " Des mesures d'atténuation comme les améliorations techniques, la gestion du trafic aérien et les mécanismes du marché peuvent réduire la vitesse de la croissance des émissions, mais non inverser la tendance ", préviennent les experts. De même, si 30% des émissions du secteur du bâtiment peuvent être évitées avec un " bénéfice économique net " de nombreux obstacles s 'y opposent : technologiques, financiers, ainsi que la pauvreté dans les pays en développement. S'agissant de l'industrie, le GIEC constate que " la pleine utilisation des possibilités d'atténuation n'est réalisée ni dans les pays industrialisés ni dans les pays en voie de développement. " De nombreuses installations anciennes et peu efficaces subsistent, au Nord comme au Sud. L'agriculture offre en revanche un potentiel de réduction des GES considérable, et ce pour un faible coût, via la production de biomasse. A condition toutefois  que la répartition des terres agricoles entre alimentation, fibres et bioénergie le permette ainsi que les disponibilités en eau. Enfin, outre le déploiement de technologies propres, le prix du carbone peut jouer un rôle déterminant dans la lutte contre le réchauffement climatique. Rappelons cependant que ce marché est loin d'être mondialisé. Il est essentiellement constitué par les pays européens ayant signé le Protocle de Kyoto et s'élève à 19 milliards d'euros, pour 1,1 milliard de tonnes de CO2  . 

Le prix du carbone trop faible  

Si, d'ici 2030, le prix de la tonne de CO2 est inférieur à 20 dollars, (scénario réaliste compte-tenu du faible cours actuel de la tonne de CO2), les réductions d'émissions seraient comprises entre 15 et 30 %, un niveau insuffisant pour stabiliser le réchauffement climatique. Si ce prix augmente jusqu'à 100 dollars, la réduction atteindrait alors entre 30 et 50 %. Cette seconde hypothèse signifierait une stabilisation des concentrations de CO2 autour de 550 ppm (parties par million) dans l'atmosphère alors qu'elles s'élèvent à 380 ppm aujourd'hui et une  augmentation des températures d'au moins 2,5 degrés d'ici 2050. Les coûts de l'atténuation des changements climatiques correspondraient alors  à 0,6 % du produit intérieur brut en 2030.
Si les technologies et les instruments économiques existent, le " soutien des gouvernements par les contributions financières, les crédits de taxe, l'établissement de normes et la création de marchés " sera un facteur déterminant. Or, comme le souligne le GIEC, " le financement des gouvernements pour la plupart des programmes de recherche en énergie a été constant ou en déclin depuis presque deux décennies (même après que la convention des Nations Unies sur le changement climatique soit entrée en vigueur) et est maintenant à un niveau moitié de celui de 1980 ".
La prochaine étape sur le changement climatique sera politique. La réunion du G8 prévue en juin doit en effet relancer les négociations avec les Etats-Unis sur la réduction des gaz à effet de serre.

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Le marché très lucratif de la faim dans le monde - par Engeldivinci le 11/05/2007 @ 10:34

Alors que l'industrie agroalimentaire cherche à conquérir le marché des pays en développement à travers des produits sur mesure, le documentaire " We feed the world " montre les pratiques et les impacts de l'agriculture mondialisée sur la faim dans le monde. Avec une conclusion sans appel : nos aliments " bon marché " font des ravages économiques et humains dans les pays où ils sont produits.

 

"Chaque enfant qui meurt est un enfant assassiné " parce que " nous pourrions nourrir 12 milliards de personnes avec ce que nous produisons actuellement ". Ainsi s'exprime Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations-Unies pour le droit à l'alimentation à l'origine du film et du livre " We feed the world ". Cette vaste enquête menée aux quatre coins de la planète est bien plus qu'un simple reportage sur telle ou telle pratique scandaleuse. Ici, c'est le fonctionnement de l'ensemble du système alimentaire mondialisé qui est révélé. Un système absurde, qui conduit à la profusion d'un côté et aux crises alimentaires de l'autre. Le documentaire enquête sur les différentes causes, historiques et actuelles de ce " marché de la faim ". L'agriculture intensive, les pratiques commerciales de l'industrie alimentaire, le monopole des firmes de biotechnologies et les subventions agricoles en sont largement responsables. Aujourd'hui, 2 millions de kilos de pain encore comestible sont jetés chaque année à Vienne. 365 milliards de dollars en 2006, soit 1 milliard par jour, ont été donnés par l'Europe et les Etats-Unis pour subventionner des produits agricoles revendus ensuite à Dakar à un tiers du prix des produits locaux...Un système qui provoque la chute du marché alimentaire africain et prive les paysans de leurs revenus. Au Brésil, l'un des pays agricoles les plus puissants au monde, les 100 millions de tonnes de céréales produites chaque année pourraient nourrir les quelques 180 millions d'habitants, mais elles sont destinées à l'exportation. Conséquence : le Brésil compte 44 millions de personnes sous-alimentées.

" Dans presque tous les cas, la faim dans le monde a un lien avec la nourriture produite pour l'Europe et les autres pays riches ", explique le cinéaste autrichien Erwin Wagenoher, réalisateur du film. Produits achetés à bas prix, chute des cours mondiaux, ouvriers agricoles mal payés ou exploités, aliénation des terres agricoles familiales par les firmes alimentaires, dépendance des paysans aux semences OGM, biopiraterie : la " réorganisation " mondiale de l'alimentation par les Etats et les entreprises a créé une répartition inégale des denrées,  tandis que l'agriculture mondiale produit suffisamment pour nourrir la planète entière.
Et alors que le monde occidental s'inquiète de plus en plus de sa santé et de son alimentation, " We feed the world " (titre repris du slogan de la firme de biotechnologies Pioneer, aujourd'hui DuPont) nous donne un regard sans illusion sur les produits que nous consommons. Hormones, antibiotiques, OGM, substances chimiques et pesticides, la plupart de nos aliments n'ont plus grand chose de naturel.

 

Un marché de 3 milliards de pauvres

 

Ultime conséquence de ce système absurde : l'apparition de produits " sur mesure " fabriqués par les firmes du Nord pour nourrir un marché de 3 milliards de pauvres. Nestlé et Danone se sont lancés dans la fabrication de ces produits couvrant les besoins nutritionnels spécifiques des populations en carence alimentaire. Le biscuit " Biskuat " de Danone, enrichi en calcium et vendu à bas prix (8 centimes d'euros) en Inde, est ainsi devenu un produit leader sur ce marché. Parmi ces " produits à prix populaires " vendus par Danone, le yaourt " Danimal " symbolise aujourd'hui une stratégie marketing adaptée au contexte local. Ce sont effet des femmes qui vendent ce yaourt enrichi en fer, en zinc et en calcium dans les bidonvilles d'Afrique du Sud pour 1 rand (15 centimes d'euro) l'unité, soit 30 % de moins qu'un yaourt classique. Les coûts sont réduits au maximum et le moyen de distribution employé permet d'accéder aux populations défavorisées des quartiers difficiles. Misant sur l'effet de masse, les groupes agroalimentaires espèrent ainsi pénétrer un marché à fort potentiel. A partir de 2008, Danone envisage de vendre entre 10 000 et 25 000 tonnes de Danimal par an. Des chiffres qui n'ont rien de surprenant : au Maroc, le " Moufid " est devenu le deuxième yaourt avec des ventes qui augmentent de 50% par an.


We feed the world, le marché de la faim. Documentaire d'Erwin Wagenhofer. En salles depuis le 25 avril.
Le marché de la faim, le livre du film We feed the world, par Erwin Wagenhoferenhofer et Max Annas, Actes Sud.

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